Le Hip-Hop Café Ouvre Ses Portes le 1er Mars

Montréal compte déjà plusieurs établissements qui touchent à la culture Hip Hop de près ou de loin – studios, salles de spectacles, centres communautaires et autres. Maintenant, après plus de dix ans de gestation, on aura finalement un Hip-Hop Café en ville, au 4801 Avenue du Parc, au cœur du Mile End. Le nouveau « chilling spot » devient ainsi l’un des endroits incontournables pour goûter à la culture urbaine d’ici. Le café-bistro, qui s’est doté également d’une vocation culturelle, ouvrira ses portes au grand public le samedi 1er mars 2014. Pour célébrer cette occasion unique, il y aura des DJ sets de Dr. MaD et Mark The Magnanimous, ainsi qu’un tournage public d’un Word Up ! Cypher avec les Dead Obies. On s’est entretenu avec le fondateur et président du Hip Hop Café, Olivier Brault, qui est actif dans la scène locale depuis une bonne décennie, pour comprendre l’essence du projet.

G: Salut Olivier, peux-tu te présenter à nos lecteurs?

OB: Olivier Brault, fondateur et président du Hip Hop Café. J’ai travaillé avec Monk.e, Camuz, Ghetto Érudit, etc. Toutes les autres activités que j’ai faites sont connexes à mon projet initial, qui est le Hip Hop Café. Avant même de passer au journalisme ou d’être gérant d’artiste ou quoi que ce soit, c’est vraiment ça que je voulais faire. À ce moment-là, j’avais besoin d’un gros montant d’argent et je n’avais pas les fonds pour le faire, alors je me suis dit, tant qu’à attendre que le cash tombe du ciel, je vais m’impliquer dans la scène, travailler et rencontrer des gens. J’ai frayé mon chemin, ça m’a mené à ouu je suis aujourd’hui.

G: En tant que journaliste et “multi-task”, tu as beaucoup travaillé pour mettre la scène locale sur la carte. Est-ce l’objectif également du nouveau café?1er Mars HHC

OB: C’est un des points les plus importants. Ces gens là travaillent depuis des années et ils méritent un spot light, comme tu le sais on a une belle scène émergente. Comme KRS-One l’a dit lors de son dernier show à Montréal, c’est important de favoriser la scène locale et c’est définitivement quelque chose qu’on essaie de faire. C’est une des grandes missions.

G: On dit souvent que le marché montréalais est plutôt petit pour la culture Hip Hop. Est-ce qu’il y a réellement une niche pour ce genre de projet?

L’industrie Hip Hop n’est pas énorme è Montréal comparativement à New York ou Paris, mais ça se doit surtout à la différence de population. C’est définitif qu’on peut pas rivaliser avec eux. Par contre, la scène est ultra présente. Étant donné que c’est une plateforme “multi-task”, vu qu’on peut recevoir n’importe quelle activité qui est connexe de près ou de loin au Hip Hop, je pense qu’il y a définitivement un marché pour ca. C’est pas juste des disques et des vinyles, c’est une ambiance, un lieu commun qui fait la promotion de quelque chose que les gens aiment beaucoup.

G: Pourquoi as-tu décider de t’installer au Mile-End ?

OB: Le Mile End c’est un coin du Plateau qui est très artistique. Le monde tourne autour de la musique et la culture. Les gens de cette petite communauté viennent se promener, dépenser de l’argent, viennent gouter à la culture, contrairement à d’autres endroits ouu les gens habitent,tout en vivant leurs vies ailleurs. Ils veulent faire rouler le Mile-End.

G: Quel a été ton plus gros défi en cours de route?

OB: Sans aucun doute, le plus gros défi de ce projet a été le financement. Le reste a été une grosse job, mais je ne peux le qualifier de « chiant ». Vu que c’est un commerce de détail, trouver du financement autre que privé, c’est pratiquement impossible en démarrage. C’est ça qui a fait que ça a pris tant de temps. J’en suis reconnaissant avec du recul, je suis content que ça ait pris une dizaine d’années vu que je n’avais pas le même knowledge, la même expérience de vie il y a dix ans. L’idée a un peu changé.

G: Qu’est-ce qui a changé au plan conceptuel au fil des années?

OB: La mission a toujours été la même, mais le projet final a changé au fil du temps, et je suis content que ça ait pris ce temps là. Je ne pensais pas avoir un stage, ou un volet événementiel, et c’est devenu quelque chose d’ultra important. Je trouve que la variété des événements favorisera le rassemblement que les gens pourront avoir dans ce centre. Il n’y a jamais de cover à payer à l’entrée, et avec les grandes vitrines, ça risque d’attirer la curiosité des gens. Dans ce qui va être joué et diffusé, il n’y aura pas juste du rap des 90s ou du piu piu. Chacun a sa propre définition de cette culture et de ce qui est hype en ce moment. On n’essaie pas d’être plus ou moins Hip Hop qu’ailleurs, le but c’est de montrer la diversité qu’il y a dans cette culture -là. Même si chacun a sa propre façon de faire et de voir les choses, ça peut mener à des échanges et des découvertes. On veut être un endroit ou les gens se ressemblent, boivent un café, écoutent un nouveau truc et font la rencontre d’autrui.

G: Penses-tu obtenir un permis d’alcool?

OB: Non, c’est pas le but ou la dynamique qu’on veut entraîner. Cette culture-là est toujours projetée de la même façon. Pour nous, c’est important de faire quelque chose de nouveau, complètement distinctif de ce que tu peux expérimenter dans les salles de spectacles et bars. J’ai rien contre ça, mais ça aurait enlevé un peu de cachet et de fraîcheur au projet. Surtout si on veut accueillir des familles avec des enfants, il faut que ça soit un environnement accueillant pour tout le monde. Peut-être pendant des événements précis, mais ça reste à voir. Y’a La Buvette à Simone à côté, y’a plein de bars dans le coin. C’est pas ça qui manque à Montréal !

G: Qu’est-ce qu’on peut s’attendre à voir sur le menu ?

OB: C’est sûr qu’il y aura trois sortes de sandwiches : poulet pesto, porc effiloché et végé aubergine feta. On aura un grilled cheese et des sacs de noix, barres, yoghourts et biscuits. La nourriture c’est sûr que ça va être bon, tout comme le café, mais c’est pas le focus. Les gens vont pas venir nous voir juste pour le sandwich ou le café, c’est vraiment plus l’expérience qui compte. Le mot Hip Hop est là-dedans pour une raison. Mais c’est sûr que ça va être bon. Je tiens à mentionner qu’on ne va pas vendre de Coke ou de Pepsi, c’est un choix personnel qu’on a fait, mon associé et moi.

G: Tant mieux ! Et pour ce qui est du lancement, on peut s’attendre à quoi ?

OB: Le 1er mars, on est ouvert de 10h à 22h, ce sont nos heures régulières du samedi. Tout se passe dans la journée. On a deux DJs, il y a Dr. MaD du Alaiz et Mark Tha Magnanimous de Artbeat qui vont être là. Ils vont tous les deux avoir un set de trois heures entre 14h et 20h. À 20h, les Dead Obies vont embarquer sur le stage pour enregistrer une capsule “Word Up ! Cypher” filmée devant le public. Les six vont rapper un verse chacun leur tour. C’est pas un show par contre. Ça serait cool qu’ils fassent un track ou deux mais on sait jamais. Tout va dépendre de la vibe du moment mais peu importe, ce sera une soirée mémorable !

G: Nice ! On a hâte de voir tout ça. C’est un rendez-vous !

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